
La Seigneurie
site d’interprétation de la vie seigneuriale
Il y a plus de 350 ans, un vaste domaine au bord du fleuve Saint-Laurent était concédé à l’homme d’affaires Nicolas Juchereau. Havre idéal pour les embarcations, l’endroit désigné par les Français « la Grande Anse » devient la quatrième seigneurie concédée sur la côte sud, à l’est de Québec.
Ce n’est cependant qu’à partir de 1679 que les pionniers Jean Pelletier et Pierre de St-Pierre cultivent ces terres fertiles. Pendant quinze ans, leurs familles représentent les uniques colons de la seigneurie. Néanmoins, la population s’élève à près de 2 600 habitants environ 150 ans plus tard.

Le moulin banal, où les censitaires sont tenus de venir moudre leurs grains, est érigé seulement à partir de 1739, probablement faute de peuplement suffisant jusqu’à cette date dans la seigneurie, car « une trentaine de familles sont nécessaires pour rentabiliser l’investissement que représentent le salaire du meunier et l’entretien du moulin »(1). Troisième construction au même emplacement, l’actuel moulin (1842) transforme encore le grain de façon traditionnelle, avec des meules actionnées par une grande roue à godets.
Marchand et député, Amable Dionne devient en 1850 le premier seigneur à faire construire une résidence permanente dans la seigneurie qui prend la forme d’un manoir victorien, vraisemblablement dessiné par l’architecte Charles Baillairgé. C’est toutefois son fils, Paschal-Amable, qui est responsable de l’aménagement paysager du domaine.
L’histoire de la Seigneurie des Aulnaies raconte aussi celle, bien particulière, de toute une population habile et courageuse, composée d’agriculteurs et de pêcheurs, de marchands, de meuniers, d’industriels ou de notables, dans tous les aspects de leurs vies, ponctuée par les grands moments de l’histoire du Québec.
Au milieu des années 1970, la municipalité de Saint-Roch-des-Aulnaies acquiert le domaine, dont le moulin, le manoir et ses dépendances sont à présent inscrits au Répertoire du patrimoine culturel du Québec. Elle confie à la Corporation touristique de la Seigneurie des Aulnaies la mission de protéger, d’animer et de mettre en valeur le patrimoine matériel et immatériel du domaine, entre autres par la création un site d’interprétation de la vie seigneuriale.
(1) Benoît Grenier, Brève histoire du régime seigneurial, Montréal, Boréal, 2012, p.86






