Il y a plus de 350 ans un vaste domaine au bord du fleuve Saint-Laurent était concédé à l’illustre militaire et homme d’affaire… Nicolas Juchereau, sieur de Saint-Denis. Havre idéal aux embarcations, l’endroit nommé par les Français « la Grande Anse », et par Premières Nations « Kamouraska », devient la quatrième seigneurie concédée sur la côte sud, à l’est de Québec.

Né en France, probablement à La Lande-sur-Eure, vers 1627, Nicolas Juchereau de Saint-Denis est le fils de Jean Juchereau de Maur et de Marie Langlois.

Juchereau de Saint-Denis immigre au Canada avec sa famille en 1634. Nicolas épouse Marie-Thérèse Giffard de Québec, le 22 septembre 1649. Il a alors 22 ans et son épouse 13 ans. Ilacquiert des terres à Beauport et à l’île d’Orléans et reçoit, en 1656, la seigneurie de la Grande-Anse Saint-Roch-des-Aulnaies). En 1673, on lui concède l’arrière-fief Duchesnay, dans la seigneurie de Beauport, et il obtient quatre ans plus tard la seigneurie Saint-Denis-De La Bouteillerie, pour son fils Joseph.

Il est actif dans le commerce des fourrures et participe notamment à des voyages de traite, dont plusieurs dans la région de Tadoussac, de 1660 à 1665. Il est également membre du Conseil de la colonie pour la traite. Vers les années 1660 et 1670, il est directeur du poste de traite de Tadoussac.

En 1666, Juchereau de Saint-Denis dirige une compagnie de milice lors de l’expédition du gouverneur Daniel de Rémy de Courcelle et du lieutenant général Alexandre de Prouville de Tracy contre les Iroquois. Par la suite, il demeure commandant de cette compagnie. En 1690, lors de l’attaque de Québec par William Phips, il a pour mission d’empêcher les troupes anglaises de pénétrer dans la ville.

Le poste de traite de Tadoussac
En 1603, une expédition française à laquelle participe Samuel de Champlain rencontre à la Pointe-aux-Alouettes (située à Baie Sainte-Catherine sur la rive ouest du Saguenay) un groupe d’Innus (incluant probablement quelques Algonquins et Etchemins) d’environ mille personnes qui décident de déplacer leur campement à Tadoussac pour faire alliance avec les Français.

Il faut attendre notamment la fin de la guerre iroquoise pour que les pionniers, Jean Pelletier et Pierre de St-Pierre, cultivent en 1679 ces terres fertiles. Pendant quinze ans, leurs familles représentent les uniques colons de la seigneurie. Néanmoins, la population s’élève à près de 2 600 habitants environ 150 ans plus tard.

Érigé seulement à partir de 1739, le moulin à farine incarne l’une des obligations du seigneur envers ses censitaires. Troisième construction au même emplacement, l’actuel moulin transforme encore le grain avec un mécanisme du XIXe siècle.

La seigneurie - les origines - Amable Dionne

Marchand et député, Amable Dionne devient en 1850 le premier seigneur à faire construire une résidence permanente dans la seigneurie, soit le manoir victorien dessiné par C. Baillargé. Alors que son fils, Paschal-Amable, demeure celui à qui l’on doit l’aménagement du domaine en véritable paradis, par des jardins floraux, des arbres fruitiers et d’ornementation.

De 1656 jusqu’à l’abolition du régime seigneurial en 1854, l’histoire de la seigneurie des Aulnaies raconte aussi celle, bien particulière, de toute une population habile et courageuse, composée d’agriculteurs et de pêcheurs, de marchands, de meuniers, d’industriels ou de notables, dans tous les aspects de leurs vies, ponctuée par les grands moments de l’histoire du Québec.La municipalité de Saint-Roch-des-Aulnaies acquiert le domaine en 1974 et 1975, dont le moulin, le manoir et ses dépendances, classés monuments historiques par le gouvernement du Québec. Elle confie la gestion du domaine à la Corporation touristique de la Seigneurie des Aulnaies qui en fait le site d’interprétation de la vie seigneuriale par excellence au Québec.

La seigneurie - Les origines - le manoir

Le manoir seigneurial vers 1975, abandonné et délabré.

La seigneurie - Les origines - le manoir

Le moulin en pleine restauration vers 1975.